Arnaud Maniable, auteur de L'Oracle de la Sybille
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De l’Écran au Roman : Arnaud Maniable Fusionne Histoire et Fantastique dans sa Saga « Les Chroniques du Fer et du Feu »

« L’Oracle de la Sybille », tome 1 de « Les Chroniques du Fer et du Feu » est la nouvelle saga signée Arnaud Maniable, un auteur qui travaille à la Cour nationale du droit d’asile. Ce premier volume nous plonge au 1er siècle de notre ère, sous le règne décadent de l’empereur Néron, alors que la révolte gronde à Jérusalem et qu’une prophétie oubliée menace l’Empire romain.

Entre batailles épiques et mystères ancestraux , cette œuvre ambitieuse, conçue initialement comme une mini-série, promet de secouer les fondations de l’histoire. Nous avons rencontré Arnaud Maniable pour discuter de son inspiration, de la façon dont son expérience de réalisateur influence son style d’écriture , et des forces obscures qui attendent de s’éveiller aux confins de l’Empire. Découvrez comment le destin d’un empire pourrait bien se jouer dans les mots d’une prophétie funeste!

Bonjour Arnaud. C’est un vaste projet que cette saga ! Qu’est-ce qui vous a inspiré à situer votre saga à l’époque de l’Empire romain, et plus particulièrement sous le règne de Néron ?

Mon inspiration pour cette saga est née, après avoir vu un documentaire, d’une interrogation sur un paradoxe historique : la violence exceptionnelle des campagnes de l’Empereur Trajan contre les Daces ; l’annexion d’un royaume bien plus destructrice qu’observée, par exemple, en Gaulle ou en Hispanie. Je ne me satisfaisais pas de la seule explication militaire et politique. J’ai imaginé qu’il fallait une raison surnaturelle pour justifier une telle fureur, cela me permettant aussi d’ancrer le fantastique dans la grande Histoire romaine.

Partant de Trajan, j’ai remonté le fil du temps jusqu’à Domitien, puis Vespasien et la Guerre de Judée, sous le règne décadent de Néron. C’est dans cette période de chaos et de démesure que j’ai trouvé au hasard de mes recherches l’étincelle narrative : une prophétie oubliée, prononcée par une Sybille, qui deviendrait le point de départ d’une malédiction capable d’ébranler l’Empire.

Le roman, L’Oracle de la Sybille, est donc la rencontre entre la figure très concrète du général Vespasien — un homme de devoir que l’Histoire destinait à fonder une dynastie — et une force obscure en sommeil, qui n’attend que la révélation d’un oracle pour s’éveiller. Mon but est de poser la question suivante : « Et si le destin d’un empire ne se jouait pas sur un champ de bataille, mais dans les mots d’une prophétie funeste ? » C’est ce mélange entre la rigueur de l’Histoire et le souffle du fantastique qui définit cette saga.

 » Finalement, mon style est une tentative de donner à l’écriture « la force des images et le souffle des grandes séries ». »

Comment votre expérience de réalisateur et de photographe influence-t-elle votre manière d’écrire, notamment dans la construction des scènes et l’ambiance visuelle de votre roman ?

Il y a trois ans, quand j’ai imaginé et développé cette saga, je l’ai fait, dès le début, avec des références audiovisuelles, et plus particulièrement dans l’univers des mini-séries, telles que Game of Thrones ou la série Rome par exemple. Tout le séquençage de cette saga a donc été fait sur le modèle d’une mini-série, avec des saisons de huit à dix épisodes.

Ce n’est qu’au début de cette année que je me suis décidé à mettre cette histoire en livres. Cela me semblait plus facile d’aller au bout d’un projet d’écriture pour un roman, même si cela signifiait avant tout de trouver mon style. Cela a été un processus compliqué pour moi, au début, mais avec le soutien de proches et une motivation toute récente, j’ai pu finalement concrétiser mon projet dans ce premier livre.

Car pour répondre à la question, mon expérience de réalisateur est la colonne vertébrale de mon écriture. Je vois le roman comme un long-métrage ou, plus précisément, comme une grande série historique. J’applique une règle simple : je ne décris pas des lieux ; je pose une caméra virtuelle pour filmer l’action.

J’ai une approche de montage du récit. Je ne cherche pas la fluidité linéaire de la narration classique, mais l’impact de chaque séquence. Chaque chapitre est conçu pour être une scène courte, rythmée et percutante. J’assume que cela ralentisse parfois l’avancée purement littéraire de l’histoire, pour privilégier l’intensité visuelle.

J’ai aussi fait le choix, peut-être audacieux pour un roman dont l’histoire se déroule dans une période ancienne et qui se base sur des faits historiques, d’utiliser le présent pour la narration. L’utilisation du présent est un choix délibéré pour transformer mon roman en une expérience immersive et dynamique, directement inspirée de mon expertise dans la narration cinématographique.

Finalement, mon style est une tentative de donner à l’écriture « la force des images et le souffle des grandes séries ».

 » Je ne mets pas beaucoup de « moi » dans mes récits, ou alors de manière très anecdotique et très indirecte. « 

Votre travail à la Cour nationale du droit d’asile vous confronte à des réalités humaines intenses et complexes. Ce que vous voyez et vivez au quotidien vous nourrit-il d’une manière ou d’une autre lors de l’écriture du roman ?

Peut-être inconsciemment. Je pense cependant que je suis beaucoup plus influencé par mes références littéraires ou cinématographiques. Même si j’ai mes propres obsessions, des thématiques qui me sont chères, je ne mets pas beaucoup de « moi » dans mes récits, ou alors de manière très anecdotique et très indirecte.

Il est toutefois impossible de détacher l’auteur de l’homme : ce que je vois et entends affine mon empathie et ma capacité à saisir la complexité des dilemmes. Au lieu de raconter ce que je vis, mon processus créatif vise à transcender le réel pour en faire un récit épique, une histoire universelle.

 » J’ai surtout hâte de les confronter aux épreuves qui les feront basculer, soit vers l’affirmation héroïque, soit vers la révélation de zones d’ombre inattendues. « 

Quels sont les personnages qui vous ont le plus marqué en écrivant ce premier tome, et y a-t-il un personnage dont vous vous sentez particulièrement proche ?

Très sincèrement, je pense que j’aime tous les personnages, quelle que soit leur importance dans le récit. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler la personnalité de chacun d’eux, à les décrire, et je me suis amusé à travailler leur psychologie en profondeur.

Qu’il s’agisse de Néron ou de Vespasien, qui ont des personnalités et des caractéristiques physiques très opposées, ou de personnages odieux et détestables ou d’autres estimables et attachants, ils ont tous été passionnants à façonner.

Si l’on parle de satisfaction d’écriture, je retiens ce quatuor : Néron, Vespasien, Bérénice et Domitilla la jeune.

Je suis particulièrement satisfait de leur état actuel, mais j’ai surtout hâte de les confronter aux épreuves qui les feront basculer, soit vers l’affirmation héroïque, soit vers la révélation de zones d’ombre inattendues.

 » J’ai une idée très précise du chemin narratif et des arcs psychologiques de chaque personnage. « 

Ce premier tome annonce une saga. Avez-vous déjà une idée claire de la direction que prendront les Chroniques du Fer et du Feu dans les prochains volumes ?

La trame des cinq saisons de la saga est déjà écrite. Le dénouement historique — la victoire de Trajan sur les Daces — n’est pas une surprise. Le véritable enjeu ne se trouve pas dans les faits historiques, mais dans la manière dont les personnages vont être confrontés aux conséquences de l’Oracle de la Sybille.

J’ai une idée très précise du chemin narratif et des arcs psychologiques de chaque personnage. Cette structure solide me laisse une grande liberté d’exploration pour les intrigues secondaires de chaque tome.

Et sans trop en dévoiler, l’Ordre mystérieux mentionné dans le prologue sera le sujet de l’épilogue final de la saga.

Cela ouvre l’histoire sur tout un univers étendu, comme il est désormais d’usage de le dire au cinéma, permettant d’ouvrir sur de nouvelles sagas (spin-off) afin d’explorer d’autres époques et d’introduire de nouveaux personnages dans cet éternel conflit qui s’annonce.

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