Je suis hétéro et #IamLGBTQI+
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Oui, Je suis Hétéro, mais #jesuisLGBTQI+ : la Fin du Simple Soutien !

Se proclamer LGBTQI+ en tant que personne hétérosexuelle, ce n’est pas, selon moi, adopter une posture de simple soutien. Cela ne tient pas non plus du simple militantisme « pro ». C’est une démarche qui va bien au-delà. C’est une démarche qui souligne avant tout que l’on a conscience de l’universalité des droits humains et l’importance de l’inclusion pour tous.

Les Droits LGBTQI+ sont des Droits Humains Fondamentaux.

Les droits LGBTQI+ ne sont pas des droits « spéciaux », mais une facette des droits humains universels. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclame que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (Article 1) et que « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation » (Article 2).

Ce qui est important de comprendre, c’est que les droits humains sont universels et inaliénables. Cela signifie qu’ils s’appliquent à tout le monde, partout, indépendamment de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, de l’origine ethnique, de la religion, etc.

Comme toutes discriminations, les discriminations basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont des discriminations spécifiques. Ce sont des violations de la dignité humaine, de l’égalité et de la liberté parce que les personnes LGBTQI+ sont empêchées d’exercer pleinement ces droits universels : droit au mariage et à fonder une famille (non reconnu et en danger dans certains états européens), droit à la sécurité de sa personne (violence, harcèlement) et à la non-torture, droit à la reconnaissance de leur identité de genre et de leur personnalité juridique (notamment pour les personnes transgenres), droit à la non-discrimination dans l’emploi ou dans l’accession à un logement, etc.

Se proclamer LGBTQI+, même en étant hétérosexuel, c’est affirmé que ces droits sont indivisibles et concernent chaque individu, quelle que soit son identité de genre et son orientation sexuelle.

Démanteler les Systèmes d’Oppression Interconnectés

Les systèmes d’oppression (sexisme, racisme, homophobie, transphobie, etc.) sont souvent interconnectés. La lutte pour les droits LGBTQI+ contribue à démanteler des structures de pouvoir qui nuisent à tous, y compris aux hétérosexuels. L’hétéronormativité, en imposant des rôles de genre rigides, affecte la liberté et l’expression des personnes hétérosexuelles. Elle définit ce qu’est un homme « acceptable » et une femme « acceptable » dans le cadre d’une relation homme-femme.

L’hétéronormativité force les hommes hétérosexuels à se conformer à un modèle de masculinité toxique, qui valorise la force, la stoïcité et la domination. L’homme hétérosexuel est souvent découragé d’exprimer ouvertement sa vulnérabilité, sa tristesse ou sa peur – « les hommes ne pleurent pas ». Cela entrave la santé mentale, la qualité des relations intimes et la capacité à demander de l’aide. L’expression d’une affection non-sexuelle envers d’autres hommes, comme se tenir la main, se faire un câlin prolongé, est proscrite par peur d’être perçu comme homosexuel. Cela entrave la construction d’amitiés masculines profondes et émotionnellement saines.

L’hétéronormativité force les femmes hétérosexuelles à se conformer à un modèle de féminité passive ou orientée vers les autres, principalement dans le but de « séduire » l’homme hétérosexuel. La femme trop ambitieuse ou dominante dans sa carrière ou dans une relation peut être jugée comme « agressive » ou « castratrice » par l’homme. Les femmes hétérosexuelles peuvent devoir modérer leur comportement ou leurs aspirations pour correspondre à l’attente de leur entourage ou partenaire. La femme hétérosexuelle doit naviguer entre l’attente d’être « désirable » – sexualisation- et la peur d’être jugée « facile » ou « promiscueuse » – stigmatisation. Son désir est souvent secondaire à celui de son partenaire. Elle peut subir une pression sociale intense pour trouver un partenaire masculin et pour se marier et avoir des enfants dans des délais spécifiques. Limite ses choix personnels et la pousse à valoriser des critères de succès relationnel basés sur des attentes externes plutôt que sur son propre bonheur.

Il est bien entendu que les femmes de la communauté LGBTQI+ (lesbiennes, bisexuelles, pansexuelles, transgenres) sont confrontées à une double ou triple oppression : celle liée à leur genre (le sexisme) et celle liée à leur orientation ou identité (l’homophobie/biphobie/transphobie).

Pour les personnes transgenres et non-binaires, le simple fait d’exister en dehors du binaire homme/femme assigné à la naissance est un acte de résistance face à la cisnormativité et mène souvent à des violences, des discriminations systémiques (accès aux soins, au travail, aux papiers d’identité) et à une invalidation de leur identité même.

En luttant contre l’hétéronormativité et les rôles de genre rigides (une facette de la lutte LGBTQI+), on crée un espace où chaque personne, y compris hétérosexuelle, peut être authentique, exprimer ses émotions, et choisir son rôle dans la société et ses relations sans la peur d’être stigmatisée ou marginalisée.

Une Responsabilité Universelle : s’Inclure pour Légitimer.

S’inclure dans la lutte LGBTQI+ quand on est hétérosexuel n’est pas une assimilation, une usurpation d’identité, sexuelle ou de genre, mais la compréhension d’une expérience vécue par les personnes du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre spécifique.

En tant qu’hétérosexuel ces expériences de vie, ces luttes et les défis rencontrés ne sont pas les votre, mais je pense qu’affirmer que le mouvement LGBTQI+ vous concerne aussi permet de renforcer sa légitimité et son importance dans la société.

Cette démarche dépassant le simple statut d’allié pour embrasser une posture d’acteur de l’universalité des droits est essentielle pour la progression de l’égalité pour tous.

En disant cela me concerne, c’est dire que « cela nous concerne TOUS et TOUTES ». Cela ne retire rien à la lutte, mais c’est exprimer que le mouvement LGBTQI+ n’est plus celui d’une « communauté isolée ». Cela replace la lutte dans le cadre universel des droits humains.

Utiliser ce privilège d’hétérosexuel au service de l’égalité, en affirmant que la lutte est votre lutte, cela permet de faire résonance dans les cercles hétérosexuels, avec message ne venant plus uniquement de la communauté directement concernée. C’est briser la passivité en transformant le soutien passif en engagement actif : c’est notre responsabilité.

En vous alignant avec la communauté LGBTQI+, vous reconnaissez que la libération de l’un contribue à la libération de tous. En disant, « Le mouvement LGBTQI+ me concerne aussi », vous ne vous appropriez pas l’identité ou l’oppression des personnes LGBTQI+, vous affirmez la responsabilité universelle de la lutte pour les droits humains.

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