Gaza : Deux Ans de Cendres et l’Impasse du « Tout-Militaire » !
Deux ans après l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 en Israël, la bande de Gaza n’est plus qu’un champ de ruines et de désespoir. Si le droit naturel d’Israël à se défendre a été initialement reconnu, l’ampleur de la riposte militaire et le bilan humanitaire catastrophique ont transformé cette opération en une impasse stratégique et morale. Entre accusations de génocide devant la justice internationale et soupçons d’objectifs politiques de conquête territoriale, le gouvernement de Benyamin Netanyahou semble s’être enfermé dans une logique de « tout-militaire ».
Le Droit de se Défendre… ou le Droit d’Écraser ?
Dès le lendemain de l’attaque terroriste du Hamas sur le territoire d’Israël, faisant plus de 1 200 victimes massacrées et exécutées (enfants, hommes et femmes), ainsi que la prise en otage de plus de 120 personnes, la question du droit à se défendre de la nation israélienne a fait débat.
Les Moyens au Centre des Polémiques : Légalité et Légitimité.
La question de la légitimité internationale de l’intervention d’Israël à Gaza a été un sujet de vif débat, principalement articulé autour de deux axes : le droit de légitime défense et les moyens employés, principalement au vu du statut territorial de Gaza et de l’absence de reconnaissance par Israël de l’État de Palestine.
Action Militaire contre un Groupe Terroriste, un Peuple ou un État Non Reconnu.
Si l’attaque du 7 octobre par le Hamas a été qualifiée d’acte terroriste par de nombreux pays, et non comme un acte de guerre d’un État envers un autre, cela reposait en grande partie sur le statut de l’auteur et la nature de l’action.
La Charte des Nations Unies, en son article 51, reconnaît le droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, en cas d’agression armée. Or, l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 ayant causé de nombreuses victimes civiles et militaires, de nombreux pays et observateurs ont soutenu qu’Israël était en droit d’exercer sa légitime défense pour protéger sa population d’attaques futures.
La réponse militaire choisie par le gouvernement de Netanyahou a donc été analysée sous le prisme de la légitime défense, mais elle a été contestée dès lors qu’elle ne semblait plus respecter les principes de proportionnalité et de protection des civils imposés par le droit international.

Les Conditions d’une telle Réponse Militaire.
La condition de nécessité — c’est-à-dire l’absence d’un autre moyen d’action — d’une telle opération militaire a été contestée. Cette contestation repose sur le fait que l’auteur est un groupe armé non étatique considéré comme une organisation terroriste, ce qui interroge la nature de la réponse à apporter.
Selon le principe de proportionnalité, l’action entreprise pour se défendre ne doit pas causer de dommages excessifs par rapport à l’objectif et doit respecter le droit international humanitaire (DIH). Dès le début de l’opération, la critique a porté sur le respect de ces principes ainsi que sur le fait de s’attaquer à une entité non étatique au sein d’un territoire contesté.
« Le droit international humanitaire n’est pas un menu à la carte que l’on applique de manière sélective. Rien ne peut justifier la punition collective du peuple palestinien. »
— António Guterres (Secrétaire général de l’ONU), dès la fin 2023.
Alors qu’Israël affichait l’objectif officiel d’anéantir le Hamas et de forcer le groupe terroriste à libérer les otages, certains observateurs et la Cour internationale de justice (CIJ) ont rapidement évoqué le risque de génocide ou de nettoyage ethnique, ce qui changeait radicalement les intentions prêtées à Netanyahou et la qualification juridique de l’intervention.
L’Efficacité de la Solution Militaire Contre le Terrorisme en Question.
Au-delà de la légitimité et de la légalité du choix d’une intervention militaire, il faut aussi se poser la question de la pertinence d’une telle solution pour lutter contre le terrorisme, que ce soit il y a deux ans ou pour l’avenir, quels que soient les pays et les attaques subies.
Les pays occidentaux ont souvent expérimenté les opérations militaires pour répondre à des attaques terroristes sur leur sol ou contre leurs citoyens à l’étranger. Le bilan sur l’efficacité de cette solution mérite que l’on en débatte.
Les opérations en Irak, en Afghanistan, contre Daech ou au Sahel ont montré les limites de la force armée seule pour éradiquer le terrorisme. Même ce qui a semblé être une victoire avec la fin du califat territorial de l’État islamique laisse apparaître des résurgences ici et là, y compris en Syrie.
La Résilience des Groupes Armés Non-Étatiques.
Les groupes terroristes opèrent souvent en réseaux décentralisés et s’appuient sur une idéologie ainsi que sur un soutien local, ce qui les rend extrêmement difficiles à anéantir par des moyens militaires conventionnels. L’élimination d’un leadership ou la destruction de capacités est souvent temporaire.
D’autant plus que les interventions armées, surtout lorsqu’elles entraînent un coût humain élevé pour les civils — les fameux « dommages collatéraux » —, peuvent paradoxalement alimenter le recrutement et la radicalisation, renforçant potentiellement la légitimité du groupe terroriste aux yeux de la population locale ou régionale.
La Nécessité d’avoir un Plan pour une Solution Politique.
Les experts s’accordent généralement à dire que le terrorisme est le symptôme d’un problème politique, socio-économique ou idéologique plus profond. L’action militaire peut être nécessaire pour neutraliser une menace immédiate, mais elle ne peut se substituer à une stratégie globale incluant des solutions diplomatiques et sociales pour s’attaquer aux causes profondes.
L’opération en Afghanistan est un exemple symptomatique du dramatique retour en arrière observé depuis le départ des Occidentaux à l’été 2021. Après le 11 septembre, une coalition a renversé les Talibans en quelques semaines. Cependant, l’absence d’une solution politique inclusive et l’échec à construire un État perçu comme légitime ont mené à un échec cuisant. Sans traitement des causes profondes (corruption, sentiment d’occupation, exclusion politique), la victoire militaire n’a été qu’une parenthèse.
Le Droit à se Défendre par une Opération Militaire à Gaza : un Choix Impossible.
Dans le cas d’Israël et du Hamas, la solution militaire est d’autant plus difficile que le conflit est imbriqué dans une question territoriale et politique non résolue : le conflit israélo-palestinien.
L’objectif déclaré de détruire le Hamas est un objectif militaire, mais il s’inscrit dans un contexte où la population de Gaza, bien que subissant le Hamas, est également la cible des opérations, ce qui complexifie la légitimité et l’efficacité à long terme. Il s’inscrit aussi dans un contexte de non-reconnaissance de l’Etat de la Palestine et en dehors du respect du droit international humanitaire.
L’histoire récente suggérait dès le début qu’une intervention militaire seule, sans plan politique, aurait de grandes chances d’échouer à apporter une solution durable.

Les Vrais Objectifs Cachés du Gouvernement Israélien.
Après deux années d’opérations, au vu de l’évolution de la situation, il est indéniable que les allégations selon lesquelles la défense d’Israël n’aurait été qu’un « prétexte » pour des objectifs plus larges, tels que le nettoyage ethnique ou la prise de possession permanente de Gaza, constituent une position largement débattue et documentée.
Ampleur et Conséquences : le Bilan de l’Apocalypse.
L’intensité des bombardements et des combats terrestres depuis 2023 a conduit à la destruction de la quasi-totalité des infrastructures civiles (logements, hôpitaux, écoles). Les pertes humaines sont évaluées à plus de 70,000 palestiniens, principalement des civils, dont au moins 18 000 enfants, et plus de 171 000 blessés, dont plus de 45 000 enfants.
Ces destructions massives ont été concomitantes avec des évacuations successives vers le Sud, souvent dans des conditions inhumaines. Le but serait de rendre Gaza inhabitable, ce qui ressemble à une forme de nettoyage ethnique, une « seconde Nakba ». Le droit international humanitaire interdit le déplacement forcé de populations, sauf pour des raisons impératives de sécurité, lesquelles ne peuvent se justifier par la simple destruction préventive des habitations.

Enfin, même si l’on occulte la propagande du Hamas, les instances internationales, que ce soit l’ONU ou des ONG, ont toutes documenté les blocus quasi-total et les restrictions sévères sur l’aide humanitaire, entraînant des risques de famine et d’épidémies. Ces éléments factuels peuvent laisser supposer la mise en œuvre d’une politique visant à rendre les conditions de vie intenables pour les gazaouis.
Déclarations et Rhétorique Extrémistes des Responsables Israéliens.
Depuis le 7 octobre 2023, l’idéologie de l’extrême-droite israélienne, emprunte de sionisme religieux et messianique, prétextant la politique de la « Citadelle assiégée », privilégiant la force brute et justifiant la domination territoriale, se fait de plus en plus présente dans les médias, alors même qu’elle est un des piliers du gouvernement de Netanyahou.
« Nous combattons des bêtes humaines et nous agissons en conséquence. »
— Yoav Gallant (Ministre de la Défense), au début de l’offensive.
Les déclarations de hauts responsables avec une rhétorique déshumanisante se sont multipliées, comme l’a fait le Ministre de la Défense, qualifiant les Palestiniens de Gaza de « bêtes humaines », ou assimilant l’ensemble de la population au Hamas. Ces prises de position ont été dénoncées par des experts de l’ONU comme susceptibles d’inciter à la commission d’actions génocidaires ou de justifier une violence extrême sans distinction entre civils et combattants.
Cette idéologie utilise donc le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour servir des objectifs plus vastes de domination territoriale et de déplacement des Palestiniens. Ainsi la terre est un don divin inaliénable, incluant Gaza et la Cisjordanie.
« Gaza et la Cisjordanie sont un don divin inaliénable. Il est nécessaire de réinstaller des colons israéliens après la guerre pour assurer un contrôle permanent. »
— Ministres de l’extrême-droite du gouvernement de Netanyahou.
Certains ministres ont explicitement évoqué la nécessité d’une réinstallation de colons israéliens à Gaza après la guerre ou ont fait des déclarations sur l’avenir du territoire qui vont au-delà de la seule élimination du Hamas, suggérant un contrôle israélien permanent ou une réduction drastique de la population palestinienne.
Poussé par ces extrémistes, le gouvernement israélien n’entrevoit de paix finale que par l’écrasement total de l’ennemi, souvent assimilé à toute la population palestinienne. Cela conduit à cet objectif de « destruction totale », même si cela doit mener à une victoire à la Pyrrhus, alimentant les accusations de nettoyage ethnique.
Des Accusations de Génocide au Regard du Droit International.
La perception du « prétexte » de légitime défense a pris une dimension légale très sérieuse avec l’intervention de la justice internationale.
L’Afrique du Sud a déposé une plainte contre Israël devant la CIJ (Cour Internationale de Justice) en janvier 2024, accusant Israël de violations de la Convention sur le génocide. La CIJ a statué qu’il existait un risque plausible de préjudice irréparable pour les droits des Palestiniens, et a ordonné à Israël de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide et l’incitation publique à commettre le génocide, et pour garantir l’acheminement de l’aide humanitaire.
« Il existe un risque plausible de préjudice irréparable pour les droits des Palestiniens. Israël doit prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission de tous les actes entrant dans le champ d’application de la Convention sur le génocide. »
— La Cour Internationale de Justice (CIJ) dans son ordonnance historique de janvier 2024.
Des experts indépendants et des commissions d’enquête de l’ONU ont publié des rapports alléguant qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’Israël a commis des actes relevant du génocide et du nettoyage ethnique.

Plusieurs rapports d’experts de l’ONU et d’organisations internationales ont officiellement constaté et déclaré un état de famine dans la bande de Gaza entre 2024 et 2025, provoqué par les blocus et les restrictions organisés par Israël.
Dans le contexte d’un conflit israélo-palestinien de longue date, l’occupation des Territoires palestiniens, les colonies en Cisjordanie et le blocus de Gaza, conduisent de nombreux États, experts, organisations humanitaires et observateurs à considérer que l’objectif militaire initial d’anéantir le Hamas est inextricablement lié, ou sert de couverture, à des objectifs politiques plus vastes de domination territoriale et de déplacement des Palestiniens.
La « Destruction Totale » pour quel Résultat.
Le bilan de l’opération militaire israélienne à Gaza, après plus de deux ans de conflit, laisse apparaître un décalage flagrant entre les objectifs initiaux, à savoir la destruction totale du Hamas, le retour de tous les otages vivants, et une sécurité absolue pour Israël, et la terrible réalité du terrain.
Un Bilan Humain et Matériel Catastrophique.
L’opération a laissé derrière elle un territoire en ruines et tout un peuple en désespérance.
Avec plus de 70 000 morts recensés, selon plusieurs sources, dont une part immense de civils et d’enfants, le coût humain est sans précédent dans l’histoire récente du conflit.
On estime que plus de 90 % des bâtiments résidentiels et la quasi-totalité du système de santé de Gaza ont été détruits ou gravement endommagés. La reconstruction, si elle commence un jour, prendra des décennies.
« Vous faites tellement de victimes civiles que vous détruisez complètement l’image et la crédibilité d’Israël. Ce type d’opérations est totalement contre-productif. »
— Emmanuel Macron, en septembre 2025.
Aujourd’hui Gaza est un immense camp de réfugié au milieu des ruines, alors que les gazaouis vivent encore sur leur terre.

L’Échec de l’Objectif de « Destruction Totale » du Hamas.
Alors que Tsahal a presque entièrement détruit la bande de Gaza, la « victoire totale » promise par Netanyahou ressemble fortement à une victoire à la Pyrrhus.
S’il est militairement affaibli, le Hamas n’est pas anéanti. En ce début d’année 2025, sa branche politique continue de négocier, notamment via Khaled Mechaal, et propose même des « gels » de son armement en échange d’une trêve de longue durée. L’organisation s’est réinstallée dans les zones non contrôlées par l’armée israélienne.
Si l’accord d’octobre 2025 a permis le retour des derniers captifs, le bilan est tragique : une grande partie d’entre eux sont revenus dans des cercueils, et le traumatisme national en Israël est immense face à ce qui est perçu par beaucoup comme un échec du gouvernement à les protéger à temps, ou à trouver des solutions alternatives pour leur retour sains et saufs.
Le Paradoxe entre Force et Isolement.
Le paradoxe actuel est saisissant : alors qu’Israël a atteint une forme de suprématie militaire régionale, affaiblissant le Hamas, le Hezbollah et l’Iran (notamment avec la « guerre des 13 jours »), bénéficiant aussi de la fin de l’axe Syrie – Iran, il n’a jamais été aussi isolé émotionnellement et diplomatiquement.
Le Divorce entre les Régimes et les « Rues » Arabes.
Si des gouvernements, comme l’Égypte ou les Émirats, maintiennent des relations officielles pour des raisons de stabilité ou de sécurité, leurs populations sont dans une phase de rejet total.
Les données récentes montrent que près de 90 % des populations arabes s’opposent désormais à toute forme de normalisation avec Israël. La diffusion en continu des images de Gaza pendant deux ans a créé un traumatisme collectif. Pour une grande partie de la jeunesse arabe, Israël n’est plus perçu comme une « start-up nation » ou un partenaire technologique, mais uniquement comme une puissance d’occupation destructrice.
L’Érosion de la « Paix Froide » et des Accords d’Abraham.
Dans ce contexte de tension avec les populations arabes, les pays voisins d’Israël sont face à un terrible constat : la mise à rude épreuve de traités de paix historiques.
Le gouvernement Jordanien a dû durcir radicalement son ton diplomatique avec Tel Aviv pour éviter une déstabilisation interne face à des manifestations d’une ampleur inédite à Amman. La population demande désormais massivement l’annulation pure et simple du traité de paix de 1994. En Egypte, le régime d’Al-Sissi peine à contenir la colère populaire provoquée par des événements symboliques forts, comme le passage de navires de guerre israéliens par le canal de Suez ou la gestion de la frontière à Rafah.
Le soutien à ces accords s’est littéralement effondré, même au sein des pays signataires. Le projet de « nouveau Moyen-Orient » est considéré comme étant dans une impasse totale. Depuis Riyad, MBS exige désormais des garanties irréversibles sur la création d’un État palestinien, une condition que le gouvernement israélien actuel refuse toujours catégoriquement.
Si les relations officielles sont parfois maintenues pour des questions de sécurité ou de stabilité régionale, il existe un « divorce » profond entre les régimes et leurs populations. Israël se retrouve dans une position de « suprématie militaire » mais n’a jamais été aussi « isolé émotionnellement et diplomatiquement » de ses voisins, d’autant plus qu’aucune solution diplomatique durable ne semble s’imposer.
L’Impasse Diplomatique Persistante : une Paix Impossible.
Bien que le « Conseil de la paix » lancé par l’administration Trump soit l’initiative phare de ce début 2026, il ressemble pour le moment à une coquille vide.
Le Risque de Radicalisation Générationnelle.
Si le Hamas est militairement affaibli en ce début d’année 2026, l’idéologie de la résistance armée sort renforcée dans l’esprit de millions de jeunes qui ont grandi ces deux dernières années sous les bombes israéliennes.
Aujourd’hui encore, Bien qu’un accord de cessez-le-feu soit officiellement en vigueur depuis octobre 2025, la réalité sur le terrain à Gaza montre que les frappes et les affrontements n’ont jamais totalement cessé. Rien qu’entre le 8 et le 9 janvier 2026, une série de raids aériens a causé la mort de 13 personnes, dont près de la moitié étaient des enfants.

Des drones et de l’artillerie continuent de cibler des secteurs au sud, comme Khan Younis. Le 5 janvier, une frappe aérienne sur une tente de déplacés a tué une fillette de 5 ans et son oncle. Le 6 janvier 2026, quatre écoles de l’UNRWA dans le camp de Jabalia ont été détruites par des explosifs et des bulldozers.
Pour de nombreux Gazaouis, le terme de « cessez-le-feu » est devenu une formule vide. Les experts de l’ONU notent que l’activité militaire tend à revenir à ses niveaux d’avant la trêve.
Israël contrôle toujours plus de 50 % du territoire de la bande de Gaza et mène des opérations de démolition avec plus de 2 500 structures détruites pour créer une zone tampon, selon les discours officiels. A cela il faut ajouter une colonisation en Cisjordanie qui a atteint des « sommets records » au cours de l’année 2025, avec toujours plus de brutalité et l’intervention complice de Tsahal. C’est une politique assumée de conquête territoriale de la part du gouvernement Israélien.
Ce sentiment de rejet légitime des palestinien alimente en retour, en Israël, une politique de la qui privilégie la force sur la diplomatie, créant un cercle vicieux où chaque intervention militaire justifie la haine du voisin, laquelle justifie à son tour de nouvelles interventions.
L’avenir des relations entre ces deux peuples s’écrit en lettres de sang autour du récit du « massacre du 7 octobre » et d’une « riposte militaire aveugle, inhumaine et génocidaire ».

Quand la Géopolitique devient un Projet Immobilier.
L’intensification de la présence israélienne en Cisjordanie est perçue par de nombreux observateurs comme la preuve que les opérations militaires, à Gaza ou ailleurs, servent de couverture à des objectifs politiques plus vastes de « domination territoriale » et de « déplacement des Palestiniens ».
C’est précisément cette question de la Cisjordanie qui bloque la normalisation avec l’Arabie Saoudite qui en ce début d’année exige l’arrêt de la colonisation. Au-delà de la situation à Gaza, la Cisjordanie restera le cœur du blocage politique qui empêchera toute initiative de mener vers une fin de la guerre larvée et d’envisager une paix durable.
Dans ce contexte, le « Conseil de la paix » de Trump, fabrication diplomatique incomplète et en kit, ressemble plus pour le moment à un conseil d’administration d’un promoteur immobilier, ce qui ne fait que renforcer l’impression d’effacement du peuple palestinien de toute solution.
En effet, le projet immobilier pour Gaza, souvent qualifié de « projet colonial » ou de « fantasme immobilier » par ses détracteurs, est au cœur du « Plan d’ensemble » (Comprehensive Plan) de l’administration Trump, officiellement entériné par le Conseil de sécurité de l’ONU via la Résolution 2803 le 17 novembre 2025.

« Gaza pourrait être encore mieux que Monaco. Elle a le meilleur emplacement au Moyen-Orient, la meilleure eau, le meilleur climat… En tant que promoteur, ce pourrait être le plus bel endroit au monde. »
— Donald Trump, rapportée par la presse et évoquée par le projet de « Riviera du Moyen-Orient ».
De nombreux analystes et experts de l’ONU estiment que ce plan remplace la justice et les droits politiques par des prospectus immobiliers, ignorant les aspirations à l’autodétermination du peuple palestinien.
Des critiques, comme celles de l’IRIS ou d’Amnesty International, craignent que ce réaménagement urbain ne serve de prétexte à un déplacement définitif des populations locales au profit d’investisseurs ou de colons, changeant radicalement la démographie du territoire.
Dans ce contexte où Gaza devient un « actif immobilier » à fort potentiel, la création d’un futur État palestinien est reléguée à un horizon lointain et incertain, et il en est de même pour la paix entre palestiniens et Israéliens.
